• Ce qu'en dit la recherche

    • Pas besoin de ré-inventer la roue ! 

      La co-création existe déjà du côté anglophone depuis plus de cinquante ans. Entre temps, ce modèle connaît un regain d'intérêt à l'international, particulièrement dans l'enseignement supérieur. Voici une sélection d'articles de recherche qui nous ont permis d'établir un cadre théorique en Sciences de l'éducation. Le but? Mettre en place efficacement le processus de co-création et le renforcer au cours des itérations, à l'aide des apports de la littérature. 

      Retrouvez ci-dessous les articles qui nous ont été les plus utiles ! 

    • Article 1 [Anglais]
      Perspective de la littérature : engagement et empowerment des étudiant·e·s de 1ère année à l'aide du co-design


      L'article de Bovill, Bulley et Morss (2011) explore l’importance de l’engagement et de l’empowerment des étudiants de première année pour favoriser leur réussite académique et réduire les taux d’abandon. Si l’amélioration de l’expérience des étudiants de première année est une priorité pour de nombreuses universités, ce travail met l’accent sur l’idée que l’engagement des étudiants, défini comme l’interaction dynamique entre eux et leur environnement d’apprentissage (Bryson & Hand, 2007), et leur empowerment, conceptualisé comme l’accroissement de leur autonomie et de leur contrôle sur le processus d’apprentissage (Piper, 2006), sont des leviers essentiels pour améliorer cette expérience. L’article souligne l’importance du curriculum dans ce processus, notamment en permettant aux étudiants de participer à sa conception, ce qui renforce à la fois leur engagement et leur sentiment d’empowerment (Bovill, Morss & Bulley, 2009). Les auteurs présentent également différentes conceptions du curriculum (Fraser & Bosanquet, 2006) et proposent une carte conceptuelle pour guider le design du programme de première année. Enfin, l’article insiste sur l’importance du soutien institutionnel et des relations entre enseignants et étudiants dans la mise en œuvre de ces innovations pédagogiques.


    • Article/Guide 2 [Anglais] 

      Engager les étudiant·e·s comme Partenaires pour les activités d'apprentissage et d'enseignement : Un guide pratique pour le personnel académique



      Ce guide pratique, rédigé par Bovill, Felten et Cook-Sather (2014), est destiné au personnel académique souhaitant initier, soutenir ou élargir des partenariats entre étudiants et enseignants. Il met en lumière le rôle crucial des conseillers pédagogiques dans l'accompagnement de ces partenariats. La première partie du livre propose des conseils pratiques : commencer par des initiatives modestes, garantir la participation volontaire, choisir attentivement les étudiants à inclure, établir des objectifs communs, favoriser un environnement de soutien, et apprendre des erreurs. La seconde partie approfondit le soutien et le développement des partenariats étudiants-enseignants. Elle recommande d'intégrer les partenariats à d'autres projets, de valoriser ces collaborations par des crédits académiques, d'encourager la diversité, de proposer une formation professionnelle aux participants, et de clôturer les partenariats de manière formelle. Le guide aborde également la gestion du « pouvoir » dans les partenariats, avec des conseils pour reconnaître ses propres attitudes, apprendre à négocier, et être transparent sur les inégalités de pouvoir. Quelques exemples courts illustrent ces concepts, notamment l'expérience du King's College à Londres, où des étudiants co-développent des programmes avec les enseignants dans un cadre de master (Weller & Kandiko, 2013).
    • Article 3 [Français]

      Renforcer l'engagement étudiant via le co-design pédagogique


      Dans cette communication par Vermeulen V. et Emplit Ph. (2024), nous présentons au travers d'une étude de cas, l'intérêt du co-développement d'un dispositif pédagogique, pour et avec les étudiant·e·s, afin de répondre à l'obstacle que constitue le désengagement étudiant dans l'enseignement supérieur. 

      Le cas analysé est celui d'un enseignement de physique, PHYS-S201, qui figure au programme de 1er cycle en économie et en gestion à l'Université libre de Bruxelles. À l'issue de l'année académique 2018-2019, en réponse à plusieurs observations interpellantes, car indicatrices d'un désengagement élevé (faible taux de présence au cours et taux de réussite historiquement bas), l'équipe pédagogique a décidé d'initier, d'une part, un partenariat étudiant·e·s-enseignant·e·s en multipliant les feedbacks étudiants, et d'autre part, d'intégrer en son sein plusieurs étudiant·e·s codéveloppeur·e·s. 

      Membres à part entière de l'équipe, ces étudiant·e·s contribuent aux développements et aux modifications du dispositif pédagogique du cours. En favorisant l'écoute de la voix des étudiant·e·s, et ce faisant, en rassemblant au sein de l'équipe pédagogique différentes communautés (étudiante, professorale et interprofessionnelle), l'objectif de ce processus de co-développement est d'améliorer le parcours étudiant de toute la cohorte des inscrit·e·s, quelles que soient les stratégies personnelles d'apprentissage de chacun·e, d'accroître leur satisfaction et plus globalement de soutenir leur engagement.

      Notre méthodologie repose sur l'analyse des réponses apportées par l'ensemble des étudiant·e·s à l'évaluation annuelle et institutionnelle des enseignements par les étudiant·e·s (EEE). Cette enquête en ligne comporte 22 items dont la réponse est recueillie sur une échelle de Likert. En nous référant aux réponses de l'année 2018-2019, bien que le cours de physique soit globalement apprécié par une grande majorité des répondant·e·s (< 10 % d'insatisfaction), nous avons sélectionné cinq items pour lesquels l'insatisfaction était la plus grande (entre 21 et 53 % d'insatisfaction). En comparant les réponses de l'EEE 2021-2022, première année post-pandémique, à celles de 2018-2019, nous constatons une diminution généralisée de l'insatisfaction sur l'ensemble des 22 items. Parmi les cinq items sélectionnés, les réponses à deux d'entre eux n'ont pas progressé significativement, mais pour trois d'entre eux, le rythme des activités, l'évaluation des apprentissages et la charge de travail, la diminution de l'insatisfaction est importante (ne demeure qu'entre 9 et 35 % d'insatisfaction). 

      Nos résultats suggèrent que le processus de co-design pédagogique mis en œuvre à l'issue de 2018-2019 pour le cours PHYS-S201 a eu un effet positif sur la perception de la qualité de l'enseignement par la cohorte des inscrit·e·s. Néanmoins, des défis subsistent clairement. 

      Dans une perspective plus générale, le co-développement semble être un carrefour entre différentes communautés (étudiante, professorale et interprofessionnelle), permettant de renforcer les interactions entre celles-ci, dans le but d'améliorer la qualité de l'enseignement et, conséquemment, l'engagement étudiant. Ce processus prend en particulier tout son sens dans une situation de massification et de diversification des populations étudiantes.