Bruxelles, capitale de quoi ?

Activité 2 : De la ville médiévale aux extensions du 19ème siècle

Les cours d’eau navigables et la grande voie de communication terrestre est-ouest au Moyen-Age, projetés sur une carte de la Belgique actuelle.
Source : Société Royale belge de Géographie, d’après HAYT, Franz, 1988.
Atlas d’histoire universelle et de Belgique. Wesmael.

A partir du 11ème siècle, plusieurs petits groupes d’habitation voient le jour au bord de la Senne, une petite rivière qui coule du sud vers le nord. Ces hameaux se sont peu à peu étendus puis soudés pour former Bruxelles. Leur développement est notamment lié au fait que la Senne n’était plus guère navigable en amont (au sud) de Bruxelles. Il fallait donc y (dé)charger les marchandises, le reste du parcours se faisant sur la terre ferme.

Dès le 11ème siècle, les lieux du pouvoir politique (le palais ducal) et religieux (l'église collégiale) puis les quartiers aristocratiques s’établissent sur la « montagne » au sommet de la berge orientale de la Senne, tandis que les activités artisanales et commerciales se développent près du cours d’eau où se concentreront aussi les quartiers populaires (le bas de la ville). La plaine humide à l’ouest de la rivière sera occupée plus tardivement. La première enceinte voit le jour au début du 13ème siècle pour protéger le cœur politique, religieux et commercial de la ville et la jonction des axes majeurs de circulation.

Maquette de Bruxelles au 13ème siècle entourée par la première enceinte, Musée de la Ville de Bruxelles. La photo est prise vers l'est et donc depuis la vallée vers le haut du versant. Le grand bâtiment en pierre au fond à droite est le château, qui forme une excroissance de l'enceinte. La collégiale est au fond à gauche.
© Eyes-Screen/Brussels Studies Institute, 2019

Trop étroite pour protéger une ville en rapide expansion la première enceinte est remplacée à la fin du 14ème siècle par une seconde enceinte qui protège un territoire trois fois plus vaste. Elle crée ce fameux Pentagone toujours bien visible dans le paysage bruxellois.

Jusqu’en 1860, entrer dans la ville se fait par l’une des portes de l’enceinte où est prélevé l’octroi, une taxe sur les marchandises importées dans la cité. Suite à la suppression de l’octroi en 1860, la rupture dans le paysage entre Bruxelles et ses faubourgs se fait plus discrète mais elle ne s’efface pas entièrement puisque, malgré la destruction de l’enceinte, les boulevards et les tunnels automobiles de la « petite ceinture » marquent encore le tracé de la seconde enceinte.

Le Pentagone sur le plan actuel de Bruxelles. En rouge, la petite ceinture routière de Bruxelles. Source : fond de plan de l'Institut Géographique National (cartoweb.be)

Lors de sa construction, la seconde enceinte englobait de vastes terrains non urbanisés, notamment dans l’ouest du pentagone. La croissance urbaine entraîne la création puis l’extension des premiers faubourgs au-delà de l'enceinte. Jusqu’à l’indépendance de la Belgique en 1830, ces quelques excroissances se situaient au niveau des portes de la ville. Bruxelles se sent peu à peu à l’étroit à l’intérieur de ce pentagone mais la destruction des remparts puis l’accès au statut de capitale de la Belgique n’y change rien : la ville ne gagne aucun territoire nouveau. L’augmentation de sa superficie ne commencera qu'au milieu du 19ème siècle. De 1851 à 1913, la superficie de la commune de Bruxelles-ville fera plus que doubler, passant de 415 à 1046 hectares.

La cartographie évolutive ci-dessous permet de visualiser l'évolution de l'urbanisation bruxelloise du Moyen-Âge au début du 19ème siècle. N'hésite pas à faire glisser le curseur pour avancer ou remonter dans le temps.

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Modifié le: mardi 13 avril 2021, 15:31