Activité 4 : Bruxelles et ses structures économiques
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Activité 4 : Bruxelles et ses structures économiques
Tu as vu que la Région de Bruxelles-Capitale générait aujourd’hui près de 20 % du PIB belge. En y ajoutant les parties externes de l’aire métropolitaine, on arrive même à 31 %. C’est donc bien le moteur économique du pays. Par comparaison, le poids des autres aires métropolitaines dans le PIB n’est que de 11 % pour Anvers, de 6 % pour Gand, de 5 % pour Liège et de 3 % pour Charleroi.
Les structures de l’économie bruxelloise sont toutefois très spécifiques, par comparaison avec celles de l’économie nationale dans son ensemble, et des quatre autres aires métropolitaines en particulier. Depuis la fin des années 1960, la capitale a connu un mouvement de désindustrialisation plus rapide que celles-ci. Comme tu l’as vu, elle était la première ville industrielle du pays à la fin du 19ème siècle et présentait encore une industrie très diversifiée dans les années 1930 à 1960. Aujourd’hui, les industries urbaines traditionnelles comme la confection, les industries alimentaires, le tabac ou encore la métallurgie ont largement disparu. Ce qui reste dans le secteur industriel relève surtout de petites entreprises, à la limite du secteur de la fourniture directe aux commerces ou des services à la population. Bruxelles conserve tout au plus les sièges sociaux de quelques entreprises du secteur manufacturier. Pour toutes ces raisons, 54 % de l’emploi recensé aujourd’hui comme « manufacturier » au sein de la Région de Bruxelles-Capitale est le fait d’employés plutôt que d'ouvriers (la moyenne nationale est de 36 %).
Le siège de l’entreprise Viangros, spécialisée dans la transformation et la distribution de viande fraîche et de produits traiteur, à Anderlecht. © Mathieu Strale, 2014
Au début du 20ème siècle, plusieurs quartiers centraux de Bruxelles ainsi que les abords des gares, des canaux de Willebroek et de Charleroi étaient parsemés d’industries, souvent insérées dans un tissu urbain très dense. Les paysages à l’allure industrielle qui subsistent aujourd’hui le long du canal sont plutôt d’implantations logistiques, des dépôts ou des lieux de distribution de matériaux de construction. Le secteur manufacturier n’apporte plus qu’une très faible contribution à l’emploi de la Région de Bruxelles-Capitale (3,3 % du personnel salarié). Paradoxalement, il contribue très peu aussi à l’emploi ouvrier : celui-ci est aujourd’hui concentré essentiellement dans les services (83,3 %) et il est même plus important dans la construction (8,8 %) que dans l’industrie (7,7 %).
Le TIR (Transport International Routier) Logistics Centre situé dans le Port de Bruxelles à Laeken. © Mathieu Strale, 2014
Depuis l’indépendance de la Belgique, la fonction de capitale nationale a bien entendu contribué à l’économie bruxelloise, non seulement à travers les activités politico-administratives qu’elle engendrait mais aussi par la présence des sièges des holdings financiers qui contrôlaient l’essentiel de l’économie belge. Depuis un demi-siècle, c’est cependant la présence des institutions européennes qui constitue l’un des nouveaux moteurs du développement économique de la capitale. Bruxelles s’est imposée comme une ville majeure pour l’organisation de congrès et elle abrite le plus grand nombre d’ambassades au monde (plus même que Washington), puisque de nombreux pays y ont ouvert plusieurs représentations : auprès de la Belgique bien sûr, mais aussi auprès de l’Union européenne et parfois de l’OTAN.
Comme tu le verras sur la carte ci-dessous, ces nombreuses implantations diplomatiques privilégient évidemment les quartiers proches des lieux de pouvoir et des institutions internationales, comme les environs du parc Royal ou le quartier européen. Implantations de prestige, les ambassades sont aussi bien présentes dans les quartiers résidentiels du sud-est, espaces de résidence traditionnels des élites bruxelloises. Les artères prestigieuses telles que l’avenue Louise, l’avenue Franklin Roosevelt (l'ancienne avenue des Nations) ou encore l’avenue de Tervueren en concentrent l’essentiel.
La présence des institutions internationales et européennes à Bruxelles. Source : VANDERMOTTEN C., Bruxelles, une lecture de la ville : de l’Europe des marchands à la capitale de l’Europe. Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2014.
Les fonctions internationales fournissent de manière directe et indirecte 13 à 14 % du PIB de la Région de Bruxelles-Capitale, et une part similaire des 700 000 emplois qui y sont proposés. La présence de l'Union européenne explique d’une part l’implantation à Bruxelles d’importants bureaux ou sièges régionaux de firmes multinationales, et d’autre part le poids des services financiers dans l’économie de la capitale. Bruxelles apparaît donc comme la principale porte d’insertion de l’économie belge dans les réseaux internationaux. Cela vient s’ajouter à son rôle de centre de contrôle de l’économie belge. Tout ceci explique la forte proportion d’activités administratives et décisionnelles sur le territoire de la Région.
Le graphique suivant te permet d’identifier le poids relatif des différents secteurs d’activité dans l’économie bruxelloise ainsi que les spécificités bruxelloises au regard des autres aires urbaines belges.

Source : VANDERMOTTEN C., Bruxelles, une lecture de la ville. Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 2014, p. 55. Infographies élaborées à partir des comptes nationaux
En examinant attentivement le premier bâtonnet du graphique, tu constates tout d’abord la part très faible de l’industrie à Bruxelles. En outre, il s’agit souvent de sièges sociaux plutôt que de sites de production, à l’exception de la SABCA dans le secteur aéronautique et de l’étonnante survivance d’un secteur automobile (Audi Forest), de l’industrie pharmaceutique et de la fabrication d’équipements électriques. En comparant les bâtonnets suivants, tu constates immédiatement que les villes d’Anvers, Gand, Liège et Charleroi restent beaucoup plus tournées vers l’industrie.
Les secteurs de l’administration et des services constituent par contre une part importante de l’économie bruxelloise, qui traduit la concentration dans la capitale des fonctions centrales et de commandement. On ne retrouve pas une telle part des services à Anvers ni à Gand.
Pour le prochain exercice, regarde attentivement le quatrième bâtonnet sur l'aire métropolitaine de Bruxelles.
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