Activité 8 : Une mobilité des travailleurs largement appuyée sur la navette, dans un bassin d’emploi étendu
Bruxelles, championne des embouteillages ?
Activité 8 : Une mobilité des travailleurs largement appuyée sur la navette, dans un bassin d’emploi étendu
En Belgique, les déplacements domicile-travail structurent le quotidien de nombreux travailleurs. Dans la mesure où, comme tu l’as vu, la Région de Bruxelles-Capitale est le lieu de travail de près de 700 000 personnes, soit 15,6 % de l’emploi national, sur un territoire habité par seulement 10,5 % de la population, on comprend les enjeux cruciaux de la mobilité pour la Région. La question est d’autant plus sensible que le nombre d’emplois y a augmenté de 8,2 % entre 2000 et 2016. Chaque jour, la capitale accueille 345 000 navetteurs venant des deux autres Régions : 31 % des travailleurs à Bruxelles résident en Région flamande et 17,6 % en Région wallonne. La carte ci-dessous, que tu commences à bien connaître, confirme cette réalité.
Carte représentant la part de la « navette » à Bruxelles. Source : ERMANS, Thomas, BRANDELEER, Céline, D’ANDRIMONT, Caroline, HUBERT, Michel, LEBRUN, Kevin, MARISSAL, Pierre, VANDERMOTTEN, Christian et WAYENS, Benjamin, 2019. Analyse des déplacements domicile-travail et domicile-école en lien avec la Région de Bruxelles-Capitale [en ligne]. Bruxelles : Bruxelles Mobilité - Service public régional de Bruxelles. Cahiers de l’Observatoire de la mobilité, 6.
Bien entendu, à Bruxelles comme ailleurs, les déplacements domicile-travail ne représentent qu’une partie du total des déplacements, mais ils sont caractérisés par des contraintes propres, tant au niveau spatial (entre les lieux de domicile et de travail) que temporel (horaires de travail relativement fixes). Ils ont par ailleurs des implications fortes sur tous les autres types de déplacements (des habitants de la Région, des véhicules de passage…). Pour comprendre l’importance des enjeux liés aux déplacements domicile-travail, nous te proposons de lire un extrait d’un autre article de la revue électronique Brussels Studies portant sur ce sujet :
« Une localisation résidentielle éloignée du lieu de travail [...] est tantôt dictée par des nécessités économiques (coût du logement, instabilité professionnelle…), un imaginaire très prégnant (la villa quatre façades), un statut social à défendre (attrait de la périphérie verte) ou un besoin d’ancrage dans un territoire. Ces parcours résidentiels sont eux-mêmes fonction de politiques d’aménagement du territoire qui rendent possible l’éparpillement de l’habitat et illusoire la mise en place de véritables alternatives à la voiture, suite au démantèlement progressif du maillage ferroviaire et vicinal exceptionnel que connaissait la Belgique industrielle. La mise en place d’une mobilité plus durable pour les entreprises et leurs travailleurs pâtit également du morcellement institutionnel belge et de l’absence de coordination entre niveaux de pouvoir, en particulier à l’échelle métropolitaine bruxelloise. Ce morcellement permet aussi le maintien de politiques contradictoires. Ainsi, tant que le régime fiscal (fédéral) des entreprises favorisera, à l’échelle actuelle, la mise à disposition de voitures de société et de cartes essence, il sera très difficile de mettre cet avantage en balance avec d’autres mesures plus favorables à l’usage de moyens de transport alternatifs à la voiture ou à une politique de localisation, tant des entreprises que des travailleurs, plus en phase avec les impératifs de durabilité ».
Pour une présentation plus complète de ces débats, nous te suggérons vivement de lire l'article dont est issu cet extrait : Thomas Ermans, Céline Brandeleer, Michel Hubert, Kevin Lebrun et Florentine Sieux, « Déplacements domicile-travail : état des lieux et perspectives d’action pour les entreprises », Brussels Studies [En ligne], Notes de synthèse, n° 125, mis en ligne le 02 juillet 2018.
Comme tu viens de le voir, en Belgique le grand nombre de voitures de société (650 000 en 2016) renforce les problèmes de mobilité dans et autour des grandes villes belges. Leur part dans le trafic automobile lié aux déplacements domicile-travail représente 27 % des déplacements vers et dans la Région de Bruxelles-Capitale. Pour te faire une idée de leur contribution à la congestion automobile, il suffit de noter que les experts ont calculé qu’une diminution de 10 % des voitures de société permettrait une diminution de 40 % de la congestion automobile !
Le système des voitures de société est étroitement lié à d’autres facteurs que tu as vus plus haut, comme l’aire de recrutement (le bassin d’emploi) qui dépasse largement les contours administratifs de la Région de Bruxelles-Capitale, la « navette », la variété des secteurs d’activités économiques et leur relation avec le dispositif des transports en commun.
Globalement, il y a à Bruxelles trois types d’entreprises proposant des voitures de société à une partie de leurs employés. Relie chacun de ces trois types à l'une des cartes suivantes en étant attentif à la localisation des entreprises et en utilisant les informations ci-dessous.
Si tu veux en savoir plus sur le profil des entreprises utilisatrices de voitures de société en Région de Bruxelles-Capitale, tu peux lire l’article suivant : https://journals.openedition.org/brussels/1542
Plan GoodMove
En 2019, la Région de Bruxelles-Capitale a approuvé un nouveau Plan Régional de Mobilité, le plan GoodMove. L'objectif de celui-ci est de prolonger la vision d’un plan précédent (IRIS 2) en faveur d'une mobilité plus durable, notamment au moyen d'une diminution de la pression automobile sur le territoire de la Région. Ce plan propose une série de mesures concrètes pour y arriver. Peux-tu identifier si elles s’adressent plutôt aux habitants de la Région de Bruxelles-Capitale, à ceux de la périphérie proche ou plutôt aux navetteurs qui viennent de plus loin ?
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