Bruxelles, un chantier permanent ?

Activité 7 : Le nouveau piétonnier de Bruxelles

Pour comprendre les enjeux du nouveau piétonnier en termes de réduction de la pression automobile dans le centre-ville et d’appropriation de l’espace urbain par les citoyens mais aussi les réactions des habitants et des commerçants, examinons ensemble la mise en place de ce vaste projet.

Le nouveau piétonnier, vue de la place De Brouckère. © ULB, 2020

Envisagée depuis la fin des années 1990, annoncée en 2012 et effective depuis le 29 juin 2015, la piétonisation des boulevards centraux aménagés au 19ème siècle suite au voûtement de la Senne et qui s’étend de la place De Brouckère à la place Fontainas constitue un des chantiers les plus emblématiques de ces dernières années. Il a modifié profondément le centre-ville de Bruxelles en transformant un espace dominé par les voitures en un lieu dédié aux piétons et à la mobilité douce. Il ambitionne d’augmenter la qualité de vie, la santé des habitants et leur cohésion sociale tout en créant un lieu de convivialité attirant de nombreux Bruxellois et touristes.

Plan du projet de nouveau piétonnier dans le centre-ville de Bruxelles (mars 2019). Source : fond de plan UrbiS à partir d'un plan de la Ville de Bruxelles

 

Le projet de construction du nouveau piétonnier de Bruxelles n’a pu se concrétiser qu'en 2012 suite à un compromis politique au sein de la majorité de la commune de Bruxelles qui prévoyait notamment la construction de quatre nouveaux parkings (un projet finalement abandonné) et une réorganisation de la circulation dans les rues adjacentes. L'objectif initial était d’assurer l’accessibilité automobile aux visiteurs et habitants habitués (ou contraints) à utiliser leur voiture, tout en palliant la suppression des emplacements de stationnement au sein de la zone piétonnisée.

L’existence de ce compromis a généré de nombreuses controverses. Ainsi, le développement annoncé des quatre nouveaux parkings fut accueilli par certains comme contradictoire avec la stratégie de réduction de la pression automobile dans le centre-ville. Quant à la réorganisation de la circulation autour du piétonnier, elle fut qualifiée de « mini-ring », une expression illustrant la crainte d’un report de la circulation automobile et de ses nuisances vers les quartiers situés à proximité immédiates du piétonnier. Des craintes furent également exprimées quant à la coexistence d’un discours vantant « une ville façonnée pour ses habitants » et d’annonces s’inscrivant dans une logique d’attractivité économique (faire de la place De Brouckère un « Times Square », faire du nouveau piétonnier une « Belgian Avenue » puis un « Family Pleasure Shopping », transformer la Bourse en « Beer Temple », etc.).

Source : Plateforme Pentagone

Dans la vidéo suivante, tu entendras les analyses du philosophe engagé Philippe Van Parijs (UCL) et de l'architecte Pierre Vanderstraeten (UCL).

Ces extraits proviennent d'un MOOC de l’École polytechnique fédérale de Lausanne.

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Modifié le: mercredi 31 mars 2021, 11:52