Bruxelles, un chantier permanent ?

Activité 2 : La Grand Place, cœur commercial de la ville
De la place du marché...

La carte ci-dessous (que tu as déjà vue dans la section 1) rappelle comment Bruxelles s’est développée dès le Moyen-Âge au croisement de voies commerciales fluviales et routières.

Les cours d’eau navigables et la grande voie de communication terrestre est-ouest au Moyen-Age projetés sur une carte de la Belgique actuelle. Source : Société Royale belge de Géographie, d’après HAYT, Franz, 1988. Atlas d’histoire universelle et de Belgique. Wesmael.

Agrandissons un peu le focus ! Pour te permettre de mieux comprendre ce que signifie ce grand axe routier est-ouest (appelé le « steenweg ») lorsqu’il traverse la ville, nous l’avons dessiné pour toi sur une carte actuelle de Bruxelles. Tu vois ainsi qu’il pénètre au sein du Pentagone par la Porte de Namur et en ressort à la Porte de Flandre en étant passé par le cœur de la cité où il croisait la Senne, permettant ainsi le débarquement (ou l’embarquement) de marchandises.

Le tracé actuel du « steenweg » dans le centre de Bruxelles, axe commercial est-ouest médiéval reliant la porte de Namur à la porte de Flandre. Aujourd’hui, le nom des stations de métro (« Porte de Namur » et « Comte de Flandre ») sont dans la toponymie les témoins des anciennes entrées dans la ville. Source : Fond de plan de l'Institut Géographique National (cartoweb.be)

La carte topographique suivante te rappelle, comme tu l’as déjà vu dans la section 1, que la Senne très encaissée en amont, débouchait à Bruxelles sur une large plaine où elle serpentait et provoquait du coup de fréquentes inondations. Les courbes de niveau montrent bien cette forte asymétrie qui influencera le développement de la ville : au sommet du versant oriental très abrupt s’installèrent les lieux du pouvoir (le Palais du Coudenberg, la Collégiale Saint-Michel-et-Gudule…) et la plupart des beaux quartiers (l’actuel « haut de la ville »). Inversement, la pente plus douce de la berge occidentale accueillera une série d’activités artisanales et, plus tard, industrielles. C’est donc ce côté qui fut choisi pour creuser en 1561 le canal reliant Bruxelles à Willebroeck (et donc à l’Escaut et la Mer du Nord) puis son prolongement en 1832 vers Charleroi (reliant Bruxelles au bassin industriel hennuyer).

Carte présentant les courbes de niveau de la vallée de la Senne et l’emplacement de la première enceinte de Bruxelles. Source : IGEAT

La position de Bruxelles favorise son développement commercial. C’est ainsi qu’à partir du 12ème siècle, un marché à ciel ouvert voit le jour. Il deviendra le cœur économique de la ville et la future Grand-Place. Celle-ci est aujourd’hui le lieu où la plupart des personnes qui découvrent la ville se rendent en priorité pour découvrir ce que Victor Hugo appelait déjà « la plus belle place du monde ».

En te promenant dans les environs immédiats de la Grand-Place, tu noteras sans doute le nom de l’une ou l’autre rue avoisinante qui rappelle la fonction commerciale médiévale de cette partie de la ville. (Re)découvre ces rues aux noms évocateurs et plonge toi dans le cœur historique de la magnifique Grand-Place de Bruxelles.

... au centre du pouvoir

Au début du 15ème siècle, la décision fut prise de transformer la maison échevinale en une nouvelle maison communale pour héberger une administration en pleine croissance. Le nouvel hôtel de ville, terminé au milieu du 15ème siècle, sera rapidement entouré par les maisons de différentes corporations, marquant ainsi leur volonté de souligner le pouvoir des métiers et de participer à la gestion de la ville. La Grand-Place trouve sa structure définitive. Elle ne sera modifiée que par le remplacement progressif des maisons en bois par des édifices en pierre et en brique tout au long des 16ème et 17ème siècle, puis par la reconstruction qui suit le bombardement de Bruxelles par l’armée française en 1695.

L’incendie de la Grand-Place de Bruxelles en 1695, Auteur inconnu, Musée de la Ville de Bruxelles. © Trougnouf (Benoit Brummer), Domaine public

Après ce bombardement qui détruit donc une partie des maisons entourant la Grand-Place, la vitesse de la reconstruction impressionne. On rebâtit rapidement sur les fondations des anciennes constructions, sans modifier fondamentalement la structure urbaine. Les maisons des corporations qui bordent la Grand-Place en sont un très bel exemple. En 1697, la plupart d’entre-elles ont déjà été reconstruites sur les mêmes emplacements, sans la moindre recherche de symétrie. Elles illustrent la richesse des corporations, ces puissants groupements professionnels acteurs de la gestion urbaine. Leurs façades sont dorées, polychromes et rivalisent par leurs figures sculptées, leurs symboles et leurs guirlandes, couronnées de vases, de frontons à volutes et de dômes. Ces constructions témoignent de la volonté de surenchère des maîtres commerçants et artisans. Le baroque ailleurs déclinant est utilisé ici avec toute sa fougue.

Quelques maisons de corporations sur la Grand-Place de Bruxelles. © Ben2, CC BY-SA 3.0

Toutefois, la Grand-Place montre aussi que d’autres valeurs esthétiques s’affirment peu à peu : celles de l’équilibre et de la symétrie avec la maison dite des Ducs de Brabant, dont la façade groupe sept habitations distinctes sous le même fronton.

La Maison des Ducs de Brabant sur la Grand-Place de Bruxelles. © Zairon, CC BY-SA 4.0

Grâce à la photo interactive, tu en apprendras un peu plus sur les bâtiments qui bordent la Grand-Place et qui témoignent de l’importance économique et politique de ce lieu.

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Modifié le: lundi 14 octobre 2024, 16:09