Bruxelles, capitale la plus verte d'Europe ?

Activité 6 - Bruxelles, une ville parfois irrespirable et bruyante !

Tu as déjà vu que Bruxelles abritait une part importante de biodiversité, notamment grâce à la forêt de Soignes. Tu viens de voir que plusieurs cours d’eau traversent la ville. Pourtant, la présence d’arbres et de cours d’eau n’empêchent pas Bruxelles de devenir un véritable îlot de chaleur lorsque les températures sont élevées, comme de nombreuses grandes villes. Dans ce chapitre, nous allons nous pencher sur l’air à Bruxelles, un air parfois irrespirable lors d'épisodes de canicule, un air également pollué par des substances chimiques. Nous nous intéresserons aussi aux nuisances sonores.

1. Îlots de chaleur et îlots de fraicheur

Un îlot de chaleur est une zone urbaine où les températures en cas de fortes chaleurs sont plus élevées que dans les zones rurales aux alentours de la ville. Ces îlots de chaleur sont particulièrement pénibles pour les habitants, voire mortels pour les personnes fragiles. Observés dans toutes les grandes villes et dans toutes les zones urbanisées de la planète, les îlots de chaleur sont également présents à Bruxelles.

Source : Société royale belge de cartographie, sur la base de l'illustration d’un îlot de chaleur en milieu urbain extrait de Climat : état des lieux | Citoyen - Bruxelles Environnement

Les causes de ces îlots de chaleur sont multiples : l’imperméabilisation des sols, le manque de couverture végétale, des murs verticaux qui absorbent les rayons du soleil, des matériaux de couleur sombre qui absorbent la chaleur, les rejets de gaz à combustion des voitures / camions / bus, des rejets d’air chaud par les climatiseurs, de l’eau chaude circulant dans les canalisations… Observe la carte suivante qui reprend les îlots de fraîcheur en bleu et les îlots de chaleur en rouge.

Source : Bruxelles Environnement (2018) Cartographie des îlots de fraîcheur dans la Région de Bruxelles-Capitale. En ligne.

Si nous regardons à présent la carte de la densité de la population bruxelloise en 2023, nous remarquons que ce sont les quartiers les plus denses qui subissent le plus ces îlots de chaleur.

Carte : Monitoring des quartiers, densité de la population par quartier en 2023. En ligne.

Les zones de fraîcheur par contre se situent principalement dans et autour de la forêt de Soignes au sud-est de Bruxelles, tandis que le centre-ville et le croissant pauvre sont particulièrement vulnérables en cas de canicule. Ces zones connaissent des températures sensiblement plus élevées lorsqu’il fait chaud, à cause du manque de végétalisation. En effet, des matériaux comme le béton absorbent fortement la chaleur et la restituent tout au long de la journée et de la nuit. Tandis que des sols végétalisés n'accumulent presque pas la chaleur, ce qui permet de favoriser le rafraîchissement de l’air, notamment la nuit. Les parties de la ville avec le moins d’espaces verts souffrent donc particulièrement de la chaleur en été. Entre 1987 et 2016, la différence de températures était en moyenne de 3°C entre le centre de Bruxelles et ses alentours, et même de 4,5 °C pour les températures mesurées à 23h00 pendant les mois de juillet et août ! Cela impacte fortement la qualité du sommeil des Bruxelloises et des Bruxellois, et donc leur santé.

2. Qualité de l'air

S’il peut faire très chaud à Bruxelles en été, l’air peut également devenir irrespirable tout au long de l’année non plus à cause des températures, mais à cause de la pollution.

3. Noisy city

Tu as vu dans la Section 4 que Bruxelles était une ville très embouteillée. Ce trafic automobile génère une part importante de pollution atmosphérique, mais il génère également des nuisances sonores. A Bruxelles, la première source de pollution sonore en termes de nombre de Bruxellois et de Bruxelloises affectés est le trafic routier. Entre 2016 et 2020, Bruxelles Environnement a estimé que le sommeil de 3 Bruxellois sur 4 est susceptible d’être perturbé par le bruit routier, et le sommeil d’1 Bruxellois sur 10 par le bruit du trafic aérien. Au total, près de 80 % de la population bruxelloise subit un bruit supérieur au seuil de 45 db(A), considéré comme néfaste à un sommeil réparateur.

Le trafic aérien dû à la proximité de l’aéroport de Bruxelles est très médiatisé, mais il ne constitue pas la première source de nuisance sonore pour la majorité des Bruxellois et des Bruxelloises. Pourtant, il affecte particulièrement certains quartiers densément peuplés et le nord de Bruxelles, nous y reviendrons. Les autres sources de bruit à Bruxelles sont liées aux transports publics, au chemin de fer, aux installations (frigos, aération, climatiseurs…) ou au voisinage (cafés, restaurants, discothèques…).  

Une cartographie du bruit à Bruxelles a été développée à partir de modélisations et montre les niveaux sonores de chaque rue en fonction de sa situation. En passant ta souris sur la carte, tu peux entendre le bruit que cela représente (n'oublie pas d'activer ton son !).

Légende : Carte de la multi-exposition au bruit des transports routier, aérien et ferroviaire en Région de Bruxelles-Capitale – Indicateur Lden (2016). Sources : Bruxelles Environnement, 2018 sur base d’ASM Acoustics & Stratec, 2018, logiciel de modélisation CadnaA. Bruit : état des lieux | Citoyen - Bruxelles Environnement

Prêt.e à vérifier tes connaissances sur l'air à Bruxelles ? Tu trouveras ci-dessous quelques questions pour te tester !

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