Activité 4 : Les migrations et les dynamiques territoriales et sociales à Bruxelles
Bruxelles, deuxième ville la plus cosmopolite du monde ?
Activité 4 : Les migrations et les dynamiques territoriales et sociales à Bruxelles
Tu as vu que Bruxelles connaît au cours de son histoire un double mouvement de la population, avec d’une part des étrangers venant s’y installer et y travailler (l’immigration) et d’autre part des Bruxellois qui quittent le centre de la ville pour s’établir dans sa périphérie (la périurbanisation). Penchons-nous un peu plus en détail sur les lieux de résidence qui sont choisi dans chacune de ces situations.
Où s’installent les immigrés ?
Les migrants peu diplômés venus travailler à Bruxelles dans les années 1960 et 1970 s’installent majoritairement dans l’ouest de la ville, dans les quartiers populaires où se situent les activités industrielles et le logement bon marché. Ces populations et leurs descendants ont eu tendance à rester dans les mêmes quartiers (notamment pour des questions liées au coût du logement) transformant peu à peu leur physionomie ainsi que les systèmes de relations sociales entre habitants.
Les statistiques de 2019 montrent que la majorité des Bruxellois d’origine nord-africaine habitent dans les quartiers qui constituent le « croissant pauvre bruxellois », une zone presque continue qui forme un arc de cercle à l'ouest du centre-ville (à proximité des communes de Schaerbeek, Saint-Josse, Molenbeek, Anderlecht, Forest et Saint-Gilles). Les personnes d’origine turque sont quant à elles installées principalement dans deux communes au nord-est du centre-ville : Saint-Josse et Schaerbeek.
L’immigration sud-américaine et subsaharienne des années 1990 s'est également dirigée vers les quartiers du croissant pauvre. On retrouve surtout les Sud-Américains dans les communes d’Anderlecht et Saint-Gilles tandis que la population d’origine subsaharienne a plutôt choisi d’élire domicile dans les communes au nord et à l'ouest du centre-ville (dans les communes de Bruxelles, Schaerbeek, Molenbeek et Anderlecht) ainsi qu’au sud-est du centre, principalement à Ixelles où se trouve Matongé, un important quartier commerçant et d’affaires africain.
Les cadres et (hauts) fonctionnaires étrangers se sont quant à eux installés majoritairement dans les quartiers plus huppés situés dans l’est et le sud de la Région voire dans la périphérie, où leur présence a notamment eu un impact direct sur les prix de l’immobilier.
Comme tu le vois, la distribution spatiale de la population d’origine étrangère à Bruxelles est loin d’être uniforme. Voici plusieurs cartes montrant la localisation actuelle des populations de différentes origines à Bruxelles. Grâce à ce que tu viens d’apprendre, associe chaque carte à l'origine des immigrants qui y sont présentés.
La périurbanisation : une migration interne
Exemple de villa dans une banlieue résidentielle. Photo prise en juillet 2020 à Wavre, soit à 25 minutes en voiture de Bruxelles. © Iadine Degryse
Les mouvements de population ne sont pas uniquement internationaux. Bruxelles est aussi marquée par d’importantes migrations internes à la Belgique, qui renforcent à l’échelle de l’aire métropolitaine la dualisation sociale.
Comme tu as déjà eu l’occasion de le voir, ce phénomène se marque très clairement avec la périurbanisation, le départ des classes moyennes urbaines vers certaines communes aisées de la périphérie ou des banlieues plus lointaines (même si l’on constate par ailleurs un regain d’intérêt pour le centre de la part des jeunes adultes). La périurbanisation est continue depuis les années 1960 et s’explique par une série de facteurs, comme le prix élevé de l’immobilier dans le centre-ville, la recherche d’un jardin, un soutien des autorités publiques à l’accès à la propriété ou à la mobilité domicile-travail.
De plus, une perception négative de la ville pousse aussi de nombreuses personnes à s’installer à l’extérieur de celle-ci pour profiter d’une grande maison, le modèle de la villa quatre façades étant survalorisé dans l'imaginaire architectural belge. Entre 1997 et 2016, 33 297 habitants en moyenne ont quitté chaque année la Région de Bruxelles-Capitale pour s’installer dans la Région wallonne (14 597 personnes, essentiellement dans le Brabant-wallon et le Hainaut) et la Région flamande (18 700 personnes, principalement dans le Brabant flamand, à proximité immédiate de Bruxelles, mais aussi à la côte qui attire nombre de retraités).
Le développement de la périurbanisation a de multiples conséquences. Il contribue à diminuer la proportion de la population d’origine belge dans la Région de Bruxelles-Capitale mais génère aussi une croissance du nombre de navetteurs puisqu’une bonne partie de ces « migrants internes » continue à travailler dans la Région. Lorsqu’ils se rendent à Bruxelles en voiture, ils contribuent à en faire l’une des villes les plus embouteillées du monde (voir la section 4). En outre, dans un système où les impôts sont largement payés sur le lieu de résidence et ensuite redistribués selon des mécanismes complexes entre Régions et Communautés, la périurbanisation ne facilite pas l’équilibre financier de la partie centrale de l’aire métropolitaine.
Migrations de la Région de Bruxelles-Capitale vers la Région flamande (2012-2016)
Source : J. CHARLIER, M. DEBUISSON, J.P. HERMIA, E. PELFRENE (2019). Les migrations interrégionales en Belgique. Rapport de recherche Hors-série de l’IBSA, IWEPS, Statistiek Vlaanderen, disponible en ligne.
Migrations de la Région de Bruxelles-Capitale vers la Région wallonne (2012-2016)
Source : J. CHARLIER, M. DEBUISSON, J.P. HERMIA, E. PELFRENE (2019). Les migrations interrégionales en Belgique. Rapport de recherche Hors-série de l’IBSA, IWEPS, Statistiek Vlaanderen, disponible en ligne.
Il y a aussi des flux d'immigration vers Bruxelles depuis le reste de la Belgique. Ce sont surtout des jeunes qui viennent habiter dans la capitale. L’importante offre d’enseignement de Bruxelles joue ici un rôle déterminant : beaucoup d’étudiants choisissent de vivre dans la capitale à l’issue de leurs études.
L’Université libre de Bruxelles attire un grand nombre d’étudiants belges et étrangers vers la capitale. Sur la photo, les bâtiments de l’ULB construits au début des années 1920 sur le campus du Solbosch. © Meusulb2013, CC BY-SA 3.0
La Vrije Universiteit Brussel, issue de l’ULB, attire également de nombreux étudiants dans la capitale. Vue du campus d’Etterbeek de la VUB, appelé officiellement le « Brussels Humanities, Sciences & Engineering Campus » et construit à partir des années 1970. © I, Big Apple, CC BY-SA 3.0
Les jeunes professionnels, surtout lorsqu’ils n’ont pas d’enfants, forment une part importante de la population (belge) qui vient habiter dans la capitale, à proximité de son lieu de travail ou d’étude. Par ailleurs, l’immigration internationale est très jeune elle aussi. Ces différents éléments ont pour conséquence que dans la structure de la capitale, on note une surreprésentation spectaculaire des jeunes adultes par rapport au reste du pays.
La Région de Bruxelles-Capitale est aujourd’hui la seule Région belge qui puisse se prévaloir d’un relatif rajeunissement de sa population, alors qu’en 1991 elle était encore la Région la plus « vieille » du pays. Il subsiste toutefois d’énormes différences entre les communes et les quartiers de la Région. C’est ainsi que paradoxalement, celle-ci compte aujourd’hui sur son territoire la commune la « plus jeune » du pays (Saint-Josse-ten-Noode) et l'une des « plus âgées » (Watermael-Boitsfort).
L’âge moyen à Bruxelles en 2019 par commune.
© Monitoring des quartiers
A l’aide de ce que tu viens de voir, lis attentivement ces questions et coche la bonne réponse.
Question 1
Question 2
Question 3
Question 4
Question 5
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