Activité 8 : La diversité linguistique à Bruxelles
Bruxelles, deuxième ville la plus cosmopolite du monde ?
Activité 8 : La diversité linguistique à Bruxelles
Si d’un point de vue politique, Bruxelles est actuellement officiellement une région bilingue (voir à ce sujet la section 1 : Bruxelles, capitale de quoi ?), la réalité sociolinguistique est beaucoup plus diverse depuis de nombreuses décennies.
Les différentes vagues migratoires que tu as vues plus haut ont contribué à diversifier le nombre de langues parlées sur le territoire bruxellois. Ainsi, les Bruxellois n'ayant pas la nationalité belge constituaient 34,8 % de la population totale de la Région bruxelloise en 2018. Si on additionne à ce pourcentage les personnes d’origine étrangère ayant obtenu la nationalité belge durant les dernières décennies, on arrive à 57,13 % soit largement plus de la moitié de la population bruxelloise.
Dans ce contexte, définir l’identité linguistique des Bruxellois est aujourd’hui devenu une tâche particulièrement complexe, d’autant que l’on ne dispose plus des recensements linguistiques officiels. Heureusement, depuis la fin des années 1990, des chercheurs adressent régulièrement un questionnaire à un échantillon représentatif de la population bruxelloise pour connaître sa maîtrise des langues, ce qui nous permet de mieux suivre les évolutions.
Il résulte de ce travail qu’à côté du français qui (selon les interviewés) reste de loin la langue la plus connue, il y a aujourd’hui plus de 100 langues parlées à Bruxelles. Mais ce travail révèle surtout une forte et intéressante progression du multilinguisme au cours de ces dernières années. Ainsi, la proportion de personnes qui déclarent avoir grandi dans une famille monolingue francophone oscille aujourd'hui entre 34 et 55 %. En d’autres mots, une partie significative des Bruxellois est bilingue, multilingue, voire « allophone ».
Dans le graphique ci-dessous, tu découvriras les langues parlées couramment par les Bruxellois en jaune et par les habitants de la périphérie flamande en rouge. Tu observes que peu de Bruxellois parlent le néerlandais, tandis que de nombreux résidents dans la périphérie flamande parlent couramment le français.
Pourcentage de résidents à Bruxelles et dans la périphérie flamande qui parlent couramment ces langues. La périphérie flamande est constituée des communes situées sur le territoire de la Région flamande et où la langue officielle est le néerlandais, c'est-à-dire Asse, Beersel, Dilbeek, Drogenbos, Grimbergen, Hoeilaert, Kraainem, Linkebeek, Machelen, Meise, Merchtem, Overijse, Rhode-Saint-Genèse, Leeuw-Saint-Pierre, Tervueren, Vilvorde, Wemmel, Wezembeek-Oppem et Zaventem. Sources : BRIO lien 1 et lien 2
Grâce au tableau suivant, tu peux te faire une idée plus précise des différentes langues parlées par les Bruxellois en fonction de l’activité qu’ils effectuent.
Le baromètre linguistique bruxellois en 2018
| Langue parlée/activité (%) | A Domicile | Au travail | Avec les amis | Dans l’HORECA | En train de faire le shopping |
| Français | 52,2 | 33,9 | 31,2 | 51,8 | 55,3 |
| Néerlandais | 5,6 | 0 | 0,2 | 0,2 | 0,2 |
| Anglais | 0 | 0,2 | 0 | 0 | 0 |
| Français/ Néerlandais |
10,7 | 18,1 | 14,5 | 18,8 | 22,3 |
| Français/ Anglais |
0 | 20,1 | 12,9 | 10,7 | 8 |
| Néerlandais/ Anglais |
0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Français/ Néerlandais/ Anglais |
0 | 28,1 | 15 | 9,4 | 6,6 |
| Français/ Arabe |
0 | 0 | 5,4 | 3,4 | 3,6 |
| Français/ Autre |
10,1 | 0 | 0 | 0 | 0 |
| Autre | 21,4 |
Source : Taalbarometer, VUB (Janssens, 2018).
Note : Attention, ce tableau agrégé n'est pas basé sur les mêmes questions, d'où certaines différences. Parfois, seule l'utilisation des 3 langues de contact était demandée (comme dans la rubrique « Au travail ») et parfois la question sur l'utilisation des langues était ouverte (comme dans la rubrique « Avec les amis »). Les informations données ci-dessus sont donc uniquement destinées à indiquer que l'utilisation de la langue peut varier selon le contexte.
Comme tu peux l’observer, le Bruxellois utilise donc des langues différentes en fonction du contexte. Bien que le français reste encore la lingua franca, Bruxelles se caractérise par l’importance du multilinguisme, plus que d’un simple bilinguisme.
Si tu souhaites en savoir plus sur l’usage des langues à Bruxelles et l’internationalisation de cette ville, n’hésite pas à consulter ces articles de la revue électronique Brussels Studies :
- Rudi Janssens, « L’usage des langues à Bruxelles et la place du néerlandais », Brussels Studies [En ligne], Collection générale, n° 13, mis en ligne le 07 janvier 2008.
- Jean-Pierre Hermia et Christian Vandermotten, « Le monde dans Bruxelles, Bruxelles dans le monde », Brussels Studies [En ligne], Fact Sheets, n° 94, mis en ligne le 27 novembre 2015.
Le baromètre linguistique sur Bruxelles est également une source révélatrice de l’usage des langues dans la Région bruxelloise. Cette étude à grande échelle initiée par le sociologue Rudi Janssens depuis 2001 et répétée tous les 4 à 5 ans. Tu trouveras plus d'information à ce sujet sur ce site internet.
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